Difficultés d’endormissement chez l’enfant : et si le problème était tout ce que vous faites pour essayer de le faire dormir ?
Votre enfant dort mal depuis quelque temps.
Alors forcément, vous cherchez.
Vous observez ses signes de fatigue. Vous calculez ses temps d’éveil. Vous surveillez la durée de la sieste. Vous avancez le coucher, puis vous le reculez. Vous changez le rituel. Vous testez une veilleuse, puis un bruit blanc. Vous vous demandez s’il a suffisamment mangé, s’il a assez couru, s’il est trop fatigué ou justement pas assez.
Et à 19h30, parfois avant même que le coucher commence, vous avez déjà cette pensée :
« Pourvu que ça se passe bien ce soir. »
Je comprends parfaitement pourquoi.
Quand les difficultés d’endormissement chez l’enfant s’installent, que les couchers deviennent compliqués ou que les réveils nocturnes s’enchaînent, on veut forcément trouver LA chose qui va enfin fonctionner.
Mais il arrive qu’à force de chercher à améliorer le sommeil de son enfant, on finisse involontairement par mettre énormément de pression autour de lui.

Difficultés d’endormissement chez l’enfant : quand le sommeil prend toute la place
C’est quelque chose que je rencontre régulièrement dans mes accompagnements.
Au début, les parents cherchent simplement à comprendre.
Puis, à mesure que les difficultés persistent, ils commencent à tout observer.
À quelle heure s’est il réveillé ?
Combien de temps a duré la sieste ?
À quelle heure faut il commencer le rituel ?
Est ce que ce bâillement est un signe de somnolence ?
Est ce que je l’ai couché trop tard ?
Pourquoi hier cela a fonctionné et pas aujourd’hui ?
Et progressivement, le sommeil prend une place immense.
Le problème n’est évidemment pas d’observer son enfant. Au contraire, comprendre son rythme et repérer ses besoins est essentiel.
Mais observer n’est pas surveiller.
Et la frontière entre les deux devient parfois très fine lorsqu’on est épuisé et que l’on attend désespérément que les choses s’améliorent.
Votre enfant peut ressentir cette pression autour du coucher
Les enfants sont particulièrement sensibles à notre état émotionnel.
Vous pouvez prononcer exactement la même phrase chaque soir et pourtant ne pas transmettre exactement la même chose.
Parce qu’après plusieurs couchers difficiles, vous arrivez parfois dans la chambre en vous demandant déjà comment celui ci va se passer.
Vous regardez l’heure.
Vous attendez qu’il ferme les yeux.
Vous analysez chacun de ses mouvements.
Vous vous crispez lorsqu’il se relève.
Vous pensez déjà à la soirée qui disparaît ou à la nuit qui risque d’être compliquée.
Et votre enfant peut percevoir une partie de cette tension.
Cela ne signifie absolument pas que ses difficultés de sommeil viennent de vous.
Cela signifie simplement que le sommeil est une interaction complexe entre son rythme biologique, ses besoins, son environnement, son développement, son sentiment de sécurité et parfois aussi ce qui se joue autour du coucher.
C’est précisément pour cela qu’une difficulté de sommeil se résume rarement à une seule cause.
Vous pouvez accompagner votre enfant vers le sommeil, mais vous ne pouvez pas dormir à sa place
Cette phrase est importante.
Votre rôle est de créer les conditions favorables au sommeil.
Vous pouvez l’aider à ralentir.
Vous pouvez observer ses signes de somnolence.
Vous pouvez lui proposer un rituel sécurisant.
Vous pouvez répondre à son besoin de proximité.
Vous pouvez travailler progressivement sur son autonomie lorsque le moment est adapté.
Mais vous ne pouvez pas le faire dormir.
Le sommeil est un processus physiologique.
Et plus l’objectif devient « il faut absolument qu’il dorme maintenant », plus le coucher peut devenir chargé émotionnellement pour toute la famille.
C’est aussi pour cela que je préfère souvent travailler sur les conditions qui permettent au sommeil d’arriver, plutôt que de chercher une technique destinée à provoquer l’endormissement.
Faut il arrêter les routines et ne plus regarder les horaires ?
Bien sûr que non.
L’objectif n’est pas de passer d’un extrême à l’autre.
Les horaires ont leur importance.
Les rythmes également.
Un rituel cohérent peut être extrêmement rassurant pour un enfant.
Observer ses signes de somnolence peut permettre de repérer plus précisément sa fenêtre d’endormissement.
Mais tous ces outils doivent rester des repères, pas devenir des obligations.
Si votre enfant ne s’endort pas exactement à l’heure prévue, vous n’avez pas échoué.
Si le rituel est légèrement différent un soir, vous n’avez pas détruit son sommeil.
Si une sieste dure vingt minutes de plus que prévu, sa nuit n’est pas forcément fichue.
Le sommeil d’un enfant n’est pas une mécanique dans laquelle chaque petite variation provoque automatiquement une mauvaise nuit.
Et heureusement !
Avant de chercher une nouvelle solution, posez vous cette question
Lorsque le sommeil devient difficile, notre premier réflexe est souvent :
« Qu’est ce que je pourrais essayer d’autre ? »
Une nouvelle méthode.
Un nouvel horaire.
Une nouvelle routine.
Un nouveau conseil trouvé sur les réseaux sociaux.
Mais parfois, une autre question est beaucoup plus intéressante :
« Est ce que je suis encore en train d’accompagner le sommeil de mon enfant ou est ce que je suis en train d’essayer de le contrôler ? »
La réponse n’est pas toujours agréable.
Mais elle peut être libératrice.
Parce que parfois, votre enfant n’a pas besoin que vous trouviez encore une nouvelle technique.
Il a besoin que l’on comprenne ce qui se passe réellement.
Et vous, vous avez peut être besoin de retrouver un peu de confiance et d’arrêter de passer vos journées à vous demander comment va se passer la prochaine nuit.
Quand le sommeil prend trop de place, il est parfois temps de se faire accompagner
Si vous organisez désormais vos journées autour des siestes, que vous appréhendez le coucher dès la fin d’après midi ou que vous avez l’impression d’avoir déjà tout essayé, continuer à tester des solutions au hasard risque surtout de vous épuiser davantage.
C’est justement le rôle d’un accompagnement personnalisé : prendre du recul, observer l’ensemble de la situation et comprendre ce qui entretient réellement les difficultés de sommeil de votre enfant.
Pas appliquer une méthode toute faite.
Pas vous demander de laisser pleurer votre enfant.
Mais chercher ce qui est adapté à votre enfant, à son âge, à son histoire et à votre famille.
Parce qu’avant de chercher à faire dormir un enfant, il faut commencer par comprendre son sommeil.






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