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Comment reconnaître les signes de somnolence chez son enfant ?

22 sept.
5 min de lecture

« Pourtant, il n’avait pas l’air fatigué. »

C’est une phrase que j’entends très souvent en consultation.


Et généralement, quand je demande aux parents ce qu’ils attendent pour proposer le coucher, ils me parlent de bâillements, d’yeux qui frottent, d’un enfant qui devient grognon ou qui est excité.


Le problème, c’est qu’à ce moment-là, on est parfois déjà passé à côté de quelque chose.

Parce qu’un enfant fatigué n’est pas forcément un enfant somnolent.


Apprendre à reconnaître les signes de somnolence chez l’enfant permet justement de mieux repérer le moment où son organisme devient disponible pour le sommeil.


Et surtout, les signes qui indiquent que le sommeil arrive sont parfois beaucoup plus subtils qu’on ne l’imagine.


Enfant montrant des signes de somnolence, allongée dans son lit avec son doudou.

Fatigue et somnolence : ce n’est pas tout à fait la même chose


C’est probablement la première chose à comprendre.


La fatigue correspond plutôt à un besoin de récupération. Elle peut être physique, émotionnelle ou cognitive.


Un enfant peut être fatigué après une grosse journée d’école, après avoir beaucoup couru, après une journée particulièrement stimulante ou simplement après avoir vécu beaucoup d’émotions.


Mais être fatigué ne signifie pas nécessairement être prêt à dormir à cet instant précis.


La somnolence, elle, correspond davantage à cette période pendant laquelle l’organisme commence à basculer vers le sommeil.

Autrement dit, c’est le moment où le sommeil devient physiologiquement accessible.

Et c’est justement cette période que nous cherchons à repérer.



Mais mon enfant ne montre aucun signe de somnolence !


C’est possible.

Ou plutôt… il est possible que vous ne les ayez pas encore identifiés.


Parce que tous les enfants ne bâillent pas ostensiblement en se frottant les yeux avant de dormir.


Chez certains, les signes sont évidents.

Chez d’autres, ils sont extrêmement discrets.


Un enfant peut ralentir légèrement son activité, avoir le regard qui se perd quelques secondes, devenir moins précis dans ses gestes, chercher davantage le contact, se poser spontanément, devenir plus silencieux ou perdre progressivement de l’intérêt pour ce qu’il était en train de faire.


Chez les plus petits, on peut aussi observer un regard plus fixe, des mouvements moins fluides, un besoin de téter ou de se blottir davantage.


Et parfois, le signe ne dure que quelques minutes.

C’est justement pour cela que je demande souvent aux parents que j’accompagne de prendre un temps pour observer leur enfant, sans chercher immédiatement à modifier quoi que ce soit.


Avant de vouloir changer le sommeil, il faut déjà apprendre à le connaître.



Et parfois, c’est tout l’inverse : votre enfant s’agite


C’est probablement l’un des éléments qui induit le plus les parents en erreur.

Vous vous attendez à voir votre enfant ralentir.

Et lui se met à courir partout.


Il parle davantage, rigole, saute sur le canapé, réclame encore un jeu, semble soudainement avoir retrouvé une énergie incroyable.


Alors forcément, vous vous dites :

« Bon… clairement, il n’a pas sommeil. »

Pas forcément.


Chez certains enfants, l’agitation peut justement apparaître lorsque le bon moment pour dormir commence à passer ou lorsque la fatigue devient importante.

L’état d’excitation que vous observez n’est donc pas toujours la preuve qu’il n’est pas prêt à dormir.


C’est pour cette raison qu’un comportement isolé ne suffit pas. Il faut le remettre dans son contexte : son rythme, sa journée, son heure de réveil, ses siestes, son niveau de stimulation et surtout ce que vous observez habituellement chez lui.


La fenêtre d’endormissement : ce petit moment qu’on essaie de repérer


Lorsque les signes de somnolence apparaissent, il existe une période pendant laquelle l’endormissement est généralement plus accessible.


J’aime parler de fenêtre d’endormissement.


Elle ne se calcule pas à la minute près et elle n’est pas identique tous les jours, mais les signes de somnolence peuvent nous aider à la repérer.


L’idée n’est donc pas de voir un bâillement et de courir immédiatement dans la chambre.

Il s’agit plutôt de reconnaître un ensemble de petits signaux et de comprendre progressivement à quel moment votre enfant semble naturellement disponible pour le sommeil.


Et lorsque cette fenêtre est dépassée, certains enfants vont effectivement devenir beaucoup plus agités, irritables ou opposants.


C’est parfois là que commencent les fameux :

« Encore une histoire ! »

« J’ai soif ! »

« Je veux faire pipi ! »

« Je ne suis pas fatigué ! »


Et que le coucher, qui aurait peut-être été assez fluide un peu plus tôt, devient soudainement beaucoup plus compliqué.



Alors, faut-il arrêter de regarder l’heure ?


Oui, enfin non... Je m'explique !


L’heure reste un repère très intéressant.

Mais un repère n’est pas une règle absolue.


Si vous avez décidé que votre enfant doit dormir à 20 h parce qu’il a 4 ans, mais qu’il met systématiquement 45 minutes à s’endormir, il y a probablement quelque chose à observer.


À l’inverse, si vous attendez tous les soirs qu’il soit complètement épuisé pour lancer le rituel, vous risquez également de passer à côté du moment où son organisme était le plus disponible pour dormir.


L’objectif est donc de croiser plusieurs informations : l’heure, son rythme global, son temps d’éveil, la qualité et la durée de ses siestes lorsqu’il en fait encore, mais aussi et surtout ce que son comportement vous raconte.



Comment apprendre à reconnaître SES signes de somnolence ?


Pendant quelques jours, devenez simplement observateur.

Regardez ce qui se passe dans les 30 à 45 minutes qui précèdent habituellement son endormissement.


Pas seulement lorsqu’il est déjà dans son lit.

Que faisait-il vingt minutes avant ?

Son comportement avait-il changé ?

Son regard ?

Sa façon de parler ?

Son niveau d’activité ?

Cherchait-il davantage votre présence ?

S’était-il posé spontanément quelques minutes avant de repartir jouer ?

Et surtout : à quelle heure ces petits changements apparaissent-ils ?


Vous pouvez même noter vos observations pendant quelques jours.

Pas pour transformer le coucher en expérience scientifique, mais parce qu’une tendance devient parfois évidente une fois qu’elle est posée sur papier.


Vous pourriez découvrir que votre enfant qui « ne montre jamais aucun signe » détourne systématiquement le regard vers 19 h 35.


Ou que celui qui devient infernal à 20 h avait commencé à ralentir vingt minutes plus tôt.

C’est souvent dans ces petits détails que se trouvent les informations les plus intéressantes.



Il n’existe pas une liste universelle valable pour tous les enfants


Et c’est probablement le message le plus important de cet article.


Oui, je pourrais vous donner une longue liste de signes de somnolence.

Bâillements, yeux qui se frottent, regard dans le vide, ralentissement, besoin de contact, irritabilité, maladresse, diminution de l’intérêt pour le jeu…


Mais cette liste ne remplacera jamais l’observation de votre propre enfant.

Parce que certains bâillent beaucoup sans avoir sommeil.

Parce que d’autres ne se frottent quasiment jamais les yeux.

Parce qu’un enfant peut devenir calme alors qu’un autre va devenir particulièrement agité.


Les signes de somnolence sont individuels.


Le véritable travail consiste donc moins à apprendre une liste par cœur qu’à apprendre progressivement le langage de votre enfant.



Observer avant de vouloir corriger


Quand le coucher devient compliqué, notre premier réflexe est souvent de chercher une solution.


Avancer le coucher.

Le reculer.

Changer le rituel.

Supprimer la sieste.

Ajouter une veilleuse.

Modifier la façon dont on accompagne l’endormissement.


Parfois, certaines modifications seront effectivement nécessaires.


Mais avant de changer quoi que ce soit, je vous invite à faire quelque chose de beaucoup plus simple : observez.


Parce qu’avant de chercher à savoir comment faire dormir votre enfant, il peut être beaucoup plus intéressant de comprendre quand son corps vous dit qu’il est prêt à dormir.

Et ces deux questions ne donnent pas toujours la même réponse.


C’est aussi une grande partie de mon travail en accompagnement : vous aider à prendre du recul sur le sommeil de votre enfant, à comprendre son fonctionnement et à repérer ce qui lui est propre.


Parce qu’en matière de sommeil, les horaires peuvent nous donner des repères.

Mais votre enfant, lui, nous donne les informations.







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